|
NOUVELLES

Résumé
Riches ou pauvres, jeunes ou plus âgées, les femmes ne peuvent qu'être captivées par ces nouvelles brèves.
Il s'agit de fictions, quoique nombre d'entre elles puisent leur source dans des faits qui se sont réellement produits.
Tour à tour tendres, joyeuses, mélancoliques et parfois poignantes, elles exaltent l'amour et l'amitié, dénoncent la trahison, fustigent l'indifférence ...
Vous vous apitoierez sur le sort de "La Vielle Dame", vous partagerez le bonheur de "l'Inconnu", vous vous révolterez à la lecture de "Adieu rêve de Gloire", vous serez effrayée par la "Descente aux Enfers", vous serez bouleversée par la "Survivante", vous applaudirez aux exploits de "Madame la Commissaire"...
Et sans nul doute, au fil des pages vous reconnaîtrez l'une de vos proches, ou, peut-être, vous-même.
Pour tenter de n’occulter aucun aspect de la condition faite aux femmes, j’ai dû imaginer (tout en serrant la réalité au plus près) quelques nouvelles sombres, voire tragiques.
Afin de ne pas heurter certaines sensibilités de front, elles ne commencent à apparaître que vers le milieu de l’ouvrage.
Note de L’auteur

QUELQUES EXTRAITS DE "FEMMES"
Extrait de
"Madame La Commissaire"
(……………..)
Quelques minutes plus tard, je vois arriver par la cloison, en partie vitrée, trois inspecteurs traînant les pieds.
Ils entrent sans frapper. Mauvaise idée. Dès leur entrée, je les arrête
- Personne ne vous a appris à frapper avant de pénétrer dans le bureau de vos supérieurs ?… Je vous prie de ressortir et d’attendre que je vous donne l’ordre d’entrer.
Les trois hommes me regardent bizarrement, à la fois colère retenue et mépris affiché. Je m’en moque. Il faut, dès le départ, que je sois ferme sinon c’en est fait de mon autorité. Je me montrerai amicale avec eux et plus cool s’ils font l’effort d’être respectueux.
Deux coups brefs sont frappés à la porte. Je peux imaginer ce que leur coûte cet acte. J’attends quelques secondes avant de leur dire d’entrer.
- Veuillez prendre place, s’il vous plaît et présentez-vous, je ne connais pas encore chacun d’entre vous.
- Je suis l’inspecteur Francis Bardouin et voici mes collègues, les inspecteurs Claude Girard et Michel Berthon.
- Bien dis-je. Maintenant que l’un d’entre vous me fasse le compte-rendu de ce qui s’est déroulé lorsque l’assaut a été donné à la Gare.
Francis Bardouin, qui me semble être le plus âgé des trois et aussi celui qui donne l’impression d’avoir la plus grande gueule, m’expose brièvement les faits. Il est clair que pour lui une femme ne peut pas les comprendre.. La moutarde me monte au nez, mais faisant un effort sur moi-même, je le regarde droit dans les yeux :
- Inspecteur Bardouin, puisque l’élocution ne semble pas être votre fort, je vous prie de me faire un rapport écrit détaillé, pour cet après-midi quinze heures précises, j’insiste bien sur ce point, Quant à vous, inspecteurs Girard et Berthon vous allez m’accompagner au siège de la Banque Centrale, le divisionnaire m’a informé succinctement des plages d’ombre qui restent à éclaircir. Bardouin, vous pouvez disposer.
(………………)
Extrait de
« La Départementale 13
(....................................)
Le brouillard tombe d’un coup. La luminosité est de plus en plus restreinte. En fait d’arriver plus vite, ne connaissant pas cette route, elle va mettre deux fois plus de temps. Elle se maudit d’avoir décidé de changer de parcours, mais il n’est plus temps de rebrousser chemin, c’est dommage.
Soudain un choc violent sur le côté droit de la voiture la fait zigzaguer dangereusement. Elsa à toutes les peines à contrôler le véhicule. Enfin, au bout d’une centaine de mètres, elle s’arrête, terrifiée. Qu’a-t-elle bien pu heurter, un animal, une souche d’arbre ? Pas âme qui vive sur cette portion de route. Elle n’a pas croisé un seul véhicule. Elle va appeler Pascal et lui demander conseil. Ses mains tremblent, elle a du mal à prendre son mobile dans son sac à main.
Pas de réseau. La panique commence à la gagner. Elle a envie de continuer son chemin sans se préoccuper de la chose qu’elle a accrochée, mais une petite voix lui dit que ce n’est pas bien, qu’il faut qu’elle aille voir, c’est peut-être un être humain et si elle s’enfuit, elle sera poursuivie pour non assistance à personne en danger.
Elsa prend la lampe de poche dans la boîte à gants, enfile son bonnet jusqu’aux yeux, s’emmitoufle dans son manteau sans oublier de mettre ses moufles, la température a baissé de plusieurs degrés, le givre a fait son apparition sur les vitres de la voiture. Elle actionne le boîtier, les portes se ferment, elle sait que cela ne sert pas à grand chose puisqu’elle n’a vu personne circuler sur cette route. Le faisceau de la lampe balaie d’une lueur lugubre l’asphalte, le brouillard ne permet pas de voir le paysage qui longe la route de chaque côté. Finalement, Elsa en est heureuse. Une indicible peur commence à envahir tout son être.
Tout-à-coup elle se fige. A quelques mètres d’elle, une forme allongée sur le talus, une forme… humaine. Sa gorge se serre, les battements de son cœur s’accélèrent. Elle s’arrête, pétrifiée. . Et si… et si cette forme était morte, si elle l’avait tuée ?
Si au moins une voiture passait par là, elle pourrait demander de l’aide, mais cette route est désertique. Elsa n’est plus qu’à deux mètres de l’obstacle qu’elle a heurté. Elle décide la prudence et, d’où elle se trouve, elle appelle d’une toute petite voix :
- Madame ou… Monsieur, vous êtes blessé ?
Elle se rend compte de la stupidité de sa question.
(.............................)
Extrait de
« L’Amour au Quotidien »
(……………….)
Tous les voyageurs sont descendus du train, elle est la dernière. Elle traîne le pas sur le quai de la gare en direction de la sortie. Elle sait que Bertrand l’attend, impatiemment. Elle aperçoit sa haute silhouette, il lui fait un petit signe de la main. Elle sourit mécaniquement.
- Chère Stéphanie j’ai pensé que tu avais changé d’avis ne te voyant pas parmi les voyageurs, dit-il, mais…, tu n’as pas l’air très bien, quelque chose ne va pas ?
- Non, non, tout va bien, j’ai seulement une forte migraine, répond la jeune femme, le train était bondé, j’avais une mauvaise place, mais n’en parlons plus.
Bertrand entoure d’un bras amoureux les épaules de la jeune femme et de l’autre prend sa valise. Quelques minutes plus tard ils ont pris place dans la voiture et filent en direction du sud de Paris.
Elle sent le regard interrogateur de Bertrand. Depuis le départ de la gare elle n’a pas prononcé un mot. Elle s’en veut d’être comme ça, il ne mérite pas son attitude distante. Après tout elle a accepté de venir, rien ne l’y obligeait, elle aurait pu décliner l’invitation et couper court à cette relation.
- Stéphanie, excuse-moi, mais je ne comprends pas ton silence, tu sembles si lointaine !
- Je suis désolée, mais ce mal de tête m’empêche d’apprécier nos retrouvailles, j’espère qu’il va passer rapidement. Je suis confuse de t’infliger cela.
- L’important est que tu ailles mieux. Nous allons bientôt arriver à la maison. Je vais te faire couler un bain. Tu vas te détendre et nous prendrons ensuite un léger repas.
Il prend la main de Stéphanie, la serre fort et, tout en faisant attention à la conduite, il regarde la jeune femme, soucieux.
Il fait nuit noire, elle n’a aucune idée de la route empruntée, elle s’en moque ; son mal de tête empire, elle a envie de pleurer, elle voudrait rentrer chez elle, mais elle sait que ce soir c’est impossible.
(…………………………)
Extrait de
« La Survivante »
(……………….)
La vieille femme retire brusquement sa main de mon bras qu’elle serrait à m’en faire mal. Elle se laisse choir sur une chaise, les bras ballants. Elle reste un moment immobile, la tête baissée, puis lève les yeux sur moi. Des larmes coulent, en silence. Je me sens tout à coup très embarrassée. Je comprends que je viens de réveiller des souvenirs très douloureux. La vieille femme m’invite à m’asseoir en face d’elle.
- Jeune fille, peut-être avez-vous raison. Il faut que j’expie ce qui me hante, sinon je disparaîtrai de ce monde sans que personne connaisse mon lourd secret. Etes-vous vraiment prête à écouter, mon enfant ?
- Oui madame, je suis prête.
La femme prend une grande inspiration, sa maigre poitrine se soulève, puis retombe laissant filtrer entre ses lèvres entrouvertes un sifflement rauque.
- Ecoutez attentivement, me dit-elle, je ne répéterai pas. Je suis très malade et bientôt je m’en irai rejoindre mes fantômes. Ne m’interrompez sous aucun prétexte, je suis vieille et affaiblie.
Je fais un signe d’acquiescement, je ne veux surtout pas perturber cette confidence inespérée.
- J’avais dix-neuf ans. J’étais, d’après tous mes amis, une belle jeune fille, heureuse de vivre. J‘habitais chez mes parents, avec ma sœur et mon frère, un bel appartement situé dans le centre de Lyon, un quartier agréable où la plupart des notables avaient élu résidence. Mon père était médecin-chef du grand hôpital, nous avions une vie sans problèmes et tout ce qu’une jeune fille peut rêver.
Un matin de juin mille neuf cent quarante quatre, nous prenons notre petit déjeuner en famille lorsque des coups secs et forts sont frappés à la porte d’entrée. Nous nous regardons tous les cinq, étonnés. Puis mon père se lève pour aller ouvrir.
Devant lui, la milice qui, sans ménagement, ouvre grand la porte et se précipite dans la salle à manger.
- Qui est Pierre Batiste ? dit l’un des hommes qui semble être le chef
(………………)


 
|
|
|
SVELA LA GUERRIERE
Roman édité chez
Irène Pauletich Editions

Visitez la Boutique



Le Site d'un Romancier, Poète,
Nouvelliste, à découvrir absolument


Lecture



Un Club où il est agréable de
se promener au milieu des mots

Coup de coeur
lecture du mois

Irène Pauletich Editions

Visitez

Aidez-les à développer
leur action

Pour protéger les enfants


|
|